En reprise, le banquier ne finance pas un projet : il finance un prix. Toute la question est de savoir si l'affaire rachetée peut rembourser ce qu'elle coûte. Trois points reviennent sans cesse dans les dossiers refusés.
1. Un prix déconnecté de la rentabilité
Le prix se justifie par ce que l'affaire dégage, pas par ce que le cédant en espère. Le banquier regarde l'excédent brut d'exploitation, retraité : si le cédant ne se versait pas de salaire, il faut réintégrer celui du repreneur avant de conclure que l'affaire est rentable.
2. Un bail fragile
Le fonds de commerce vaut ce que vaut son bail. Durée restante trop courte, loyer appelé à être révisé, destination qui ne couvre pas l'activité prévue : chacun de ces points peut suffire à bloquer le prêt.
3. Des comptes qui ne racontent pas la même histoire
Un chiffre d'affaires en baisse sur trois exercices, des charges qui varient sans explication, une saisonnalité absente des prévisions : le banquier compare le prévisionnel du repreneur au passé de l'affaire. S'ils ne se raccordent pas, le prévisionnel perd sa crédibilité.