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Le scénario dégradé, la page que le banquier lit en premier

Tous secteurs · 3 min de lecture · Par Ghali Belkhayat

Un prévisionnel qui ne montre que le scénario où tout se passe bien répond à une question que le banquier ne pose pas. Sa vraie question est inverse : si le chiffre d'affaires est plus faible que prévu, le prêt est-il encore remboursé ?

Ce que contient un scénario dégradé

Le principe est simple : on baisse le chiffre d'affaires, typiquement de 10 à 20 %, et on maintient les charges fixes. Le loyer, les salaires de base, les assurances et les annuités d'emprunt ne baissent pas quand la clientèle tarde. On regarde alors ce qui reste pour rembourser.

Le ratio qui décide

Le banquier compare la capacité d'autofinancement aux annuités de l'emprunt. Au-dessus de 1, le prêt est couvert ; plus la marge est large, plus le dossier respire. Dans notre dossier exemple, Le Tanneur affiche 1,82 en scénario nominal, et encore 1,31 avec un chiffre d'affaires en baisse de 15 %. C'est ce second chiffre qui rassure.

Pourquoi son absence coûte cher

Un dossier sans scénario dégradé laisse le banquier faire le calcul lui-même, avec ses propres hypothèses, souvent plus sévères. Pire : il suggère que le porteur n'a pas envisagé le risque. Présenter le scénario défavorable, c'est montrer qu'on l'a regardé en face.

À retenir

Un dossier solide ne prouve pas que tout ira bien. Il prouve que le prêt tient même quand ça va moins bien.

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